forum des esprits éclairés

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définitions

La tâche du poète est de comprendre le secret des choses, de voir leurs profondeurs, de sentir leurs murmures, d’analyser leurs valeurs pour exprimer tout cela par des mots dont le sens doit dépasser, par ses expressions, le commun des langages et l’ordinaire des interprétations et des connotations.

En effet, cette opération ressemble à celle que fait chaque esprit purement scientifique qui soumet tout à l’observation, à l’expérience, à l’analyse et qui décrit cela en y ajoutant les déductions qu’il a tirées.

Mais pour le poète elle est plus compliquée et plus profonde : elle dépasse la matière. Son objet est perçu par nos sensations, nos sentiments, nos cœurs et nos âmes.

Quant à son déroulement, il est encore plus distingué et plus éreintant en même temps, car l’acte d’écrire un poème est, en quelque sorte, identique à celui de la conception. Les étapes de la création commencent par une inspiration, puis une fécondation, ensuite une gestation et enfin un accouchement.

D’autre part, le poème (enfant accouché) peut voir le jour dans un temps indéfini, il peut être singulier ou pluriel, c’est-à-dire que normalement l’on peut souffrir les douleurs et accoucher pendant quelques minutes ou quelques heures ou quelques jours, mais l’accouchement d’un poème peut durer beaucoup plus longtemps que cela, si c’est un thème qui le retient ou s’il a un grand ombre de jumeaux ou de frères de sens. Il devient long, très long qu’il finit, parfois, par tuer l’accouchant. Dans ce cas, la césarienne ne peut le sauver.

Ainsi, quand le poème vient au monde, le poète se transforme-t-il en une mère naturelle qui s’attache à son enfant pour le protéger. Malheureusement, il y a des poèmes mort-nés comme chez tous les êtres vivants.

Or le devoir du poète est, avant tout, de choisir la bonne inspiration (le mâle) et de s’accoupler sainement pour produire un poème sain et fort afin qu’il impose son existence et sa puissance de survivre.

Le comment est très simple : si l’étalon est virile (l’inspiration, la fécondation…) il produit une progéniture forte par son physique (les mots, les images, la forme…) et par sa valeur (le ou les sens qu’il puisse suggérer ou exprimer).

N’en demeure pas moins qu’il puisse agoniser ou parfois mourir s’il est oublié par la mémoire du père ou des lecteurs.

Un poème qu’on lit ressemble à une fleur qu’on arrose, elle éclore et étale sa splendeur, le poème revit et étale ses sens.

Le sens devient alors la propriété du lecteur et le poète n’est plus le propriétaire du poème. Il ne lui reste que le droit su son corps.

Donnez la vie à ces enfants oubliés qui meurent dans l’indifférence de vos beaux yeux et de vos tendres cœurs !



04/06/2010
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